Croissance et développement

Poids de bébé selon l'âge : combien doit peser mon bébé ?

Prise de poids semaine par semaine, baisse de poids des premiers jours, lecture des courbes du carnet de santé et signaux d'alerte. Ce que les chiffres disent vraiment, et ce qu'ils ne disent pas.

Un bébé né à terme prend en moyenne 150 à 200 g par semaine les trois premiers mois, puis 100 à 150 g de 3 à 6 mois et 70 à 90 g de 6 à 12 mois. Il double souvent son poids de naissance vers 5 mois et le triple vers 1 an, avec de larges variations normales.

La plupart des parents arrivent sur cette page après une pesée qui les a inquiétés : un chiffre annoncé un peu vite en consultation, une courbe qui semble s'aplatir, une phrase mal digérée d'une soignante pressée. Voici ce que ces chiffres veulent vraiment dire, ce qu'ils ne disent pas, et les quelques situations où il faut décrocher le téléphone plutôt que rouvrir un tableau.

Poids moyen d'un bébé selon l'âge

Le tableau ci-dessous donne, pour chaque âge, trois repères issus des normes de croissance de l'OMS : le 3e percentile, la médiane (50e percentile) et le 97e percentile. C'est la fourchette dans laquelle se situe la très grande majorité des bébés nés à terme.

Un percentile se lit ainsi : un bébé au 25e percentile pèse moins que 75 bébés du même âge et du même sexe sur 100, et plus que les 25 autres. C'est une position dans un groupe, rien de plus. Ce n'est pas une note, ce n'est pas un classement, et ce n'est surtout pas un objectif à atteindre. Un bébé au 15e percentile ne va pas « moins bien » qu'un bébé au 85e, exactement comme une pointure 38 n'est pas moins bonne qu'une pointure 42.

Une précision utile avant de comparer : la courbe imprimée dans le carnet de santé de votre enfant n'est pas forcément celle de l'OMS. En France, le carnet de santé refondu en 2018 utilise de nouvelles courbes françaises, graduées en déviations standard (DS) plutôt qu'en percentiles. En Belgique francophone, en Suisse et au Québec, les courbes utilisées en consultation dérivent le plus souvent des standards de l'OMS. Les écarts entre ces référentiels sont faibles, mais suffisants pour déplacer un percentile de quelques points. Raison de plus pour ne pas s'accrocher à une valeur isolée.

Garçons : poids selon l'âge (kg)
Âge3e percentileMédiane (50e percentile)97e percentile
Naissance2,53,34,3
1 mois3,44,55,7
2 mois4,45,67,0
3 mois5,16,47,9
4 mois5,67,08,6
5 mois6,17,59,2
6 mois6,47,99,7
9 mois7,28,910,9
12 mois7,89,611,8
15 mois8,410,312,7
18 mois8,910,913,5
2 ans9,812,215,1
Filles : poids selon l'âge (kg)
Âge3e percentileMédiane (50e percentile)97e percentile
Naissance2,43,24,2
1 mois3,24,25,4
2 mois4,05,16,5
3 mois4,65,87,4
4 mois5,16,48,1
5 mois5,56,98,7
6 mois5,87,39,2
9 mois6,68,210,4
12 mois7,18,911,3
15 mois7,79,612,2
18 mois8,210,213,0
2 ans9,211,514,6

Sur téléphone, faites glisser le tableau vers la gauche pour voir toutes les colonnes.

Source : normes de croissance de l'OMS, valables pour les bébés nés à terme ; pour un bébé né prématuré, on se réfère à l'âge corrigé ou à la courbe fournie par son médecin.

Les premiers jours : la baisse de poids du nouveau-né

Presque tous les nouveau-nés perdent du poids dans les jours qui suivent la naissance. C'est normal et attendu : le bébé élimine de l'eau et le méconium, et la montée de lait demande quelques jours. Cette perte va en général jusqu'à 7 à 10 % du poids de naissance.

Concrètement, sur un bébé qui pesait 3,4 kg à la naissance, cela représente une perte d'environ 240 à 340 g avant que la courbe ne reparte à la hausse. Ce poids le plus bas est atteint vers le 3e ou 4e jour, puis la reprise s'installe. La plupart des bébés ont retrouvé leur poids de naissance vers 10 à 15 jours, donc autour de deux semaines.

C'est exactement pour cela que la sage-femme passe à domicile après la sortie de maternité en France et en Suisse, que l'ONE propose des consultations très rapprochées en Belgique, et que l'infirmière du CLSC voit le bébé dans la première semaine au Québec. Cette période est surveillée de près, et c'est une bonne chose : elle est courte, et c'est la seule où perdre du poids fait partie du scénario normal.

Après deux semaines, la règle change. Une perte de poids qui se poursuit au-delà de la deuxième semaine, ou un bébé qui n'a toujours pas retrouvé son poids de naissance vers 2 à 3 semaines, ne relève plus du normal et se discute avec un professionnel de santé, sans attendre la prochaine visite prévue.

À quelle vitesse un bébé prend-il du poids ?

Les parents demandent presque autant « combien il devrait prendre » que « combien il devrait peser ». La prise de poids hebdomadaire est souvent plus parlante que le poids total, parce qu'elle décrit un rythme plutôt qu'une position.

  • 0 à 3 mois : environ 150 à 200 g par semaine.
  • 3 à 6 mois : environ 100 à 150 g par semaine.
  • 6 à 12 mois : environ 70 à 90 g par semaine.
  • Deuxième année : nettement plus lent, de l'ordre de 2 à 3 kg sur l'année entière.

Deux repères classiques complètent ce rythme : un bébé double en général son poids de naissance vers 5 mois environ, et le triple vers son premier anniversaire. Ce sont des moyennes, avec une variation normale très large. Un bébé né petit doublera souvent plus vite, un gros bébé de naissance plus lentement, et les deux peuvent être parfaitement dans leur normale.

Autre point rarement dit : la croissance n'est pas régulière. Elle se fait par à-coups, avec des semaines fortes et des semaines calmes. Une semaine sans prise de poids visible, chez un bébé tonique qui mouille ses couches et qui tète bien, n'a en soi aucune signification. C'est l'enchaînement de plusieurs pesées qui informe, jamais une seule.

Ce qui fausse le chiffre à la maison

Beaucoup d'inquiétudes naissent d'une comparaison entre deux chiffres qui n'étaient pas comparables. Avant de conclure quoi que ce soit d'une pesée maison, passez en revue ces points.

  • Ce n'est pas la même balance. Le pèse-bébé loué en pharmacie, celui de la PMI et celui du cabinet ne donnent pas exactement le même résultat. Un écart de 100 à 200 g entre deux appareils est banal.
  • L'étalonnage. Les balances des consultations et des cabinets sont contrôlées et étalonnées régulièrement. Un pèse-personne de salle de bain, non. Sur un adulte de 70 kg, 300 g d'erreur passent inaperçus ; sur un bébé de 5 kg, ils changent toute la lecture.
  • Habillé ou nu. Une couche pleine, un body et une turbulette, cela fait vite 200 à 400 g. Pesez toujours dans la même tenue, idéalement nu ou avec une couche propre.
  • Avant ou après la tétée. Une tétée ou un biberon, ce sont plusieurs dizaines à plus de cent grammes d'écart immédiat. Pesez toujours au même moment du cycle, par exemple avant le premier repas du matin.
  • Le moment de la journée. Une selle abondante juste avant ou juste après déplace le chiffre. Restez sur le même créneau horaire.

La règle est donc simple : comparez toujours ce qui est comparable, et fiez-vous à la tendance sur plusieurs pesées plutôt qu'à une valeur isolée. Peser tous les jours ne renseigne sur rien et alimente surtout l'angoisse. Dans les premières semaines, une fois par semaine suffit largement, sauf si un professionnel vous a demandé un autre rythme.

La bonne question n'est pas « quel percentile ? » mais « quelle direction ? ». Un bébé qui suit tranquillement son couloir de croissance, même bas, est plus rassurant qu'un bébé qui a l'air « bien placé » sur le papier mais qui a traversé plusieurs couloirs vers le bas en deux mois. Les soignants regardent la trajectoire, pas le point.

Sein ou biberon : deux courbes légèrement différentes

Les bébés allaités et les bébés nourris au lait infantile ne suivent pas exactement la même trajectoire. Passé les tout premiers mois, les bébés allaités ont tendance à prendre un peu moins vite que les bébés au biberon, et leur courbe s'infléchit doucement vers 3 à 6 mois. Ce n'est pas un ralentissement anormal, c'est le schéma de croissance habituel d'un bébé allaité. Les normes de l'OMS ont d'ailleurs été construites à partir d'enfants allaités.

Un bébé allaité peut donc sembler « décrocher » un peu par rapport à des repères anciens ou au cousin nourri au biberon, sans qu'il y ait le moindre problème. Ce n'est pas quelque chose à corriger.

Et c'est le point le plus important de cette page : ne modifiez pas l'alimentation de votre bébé pour faire bouger un chiffre. Ni complément de lait infantile, ni biberon « en plus » le soir, ni dilution différente, ni diversification avancée ou retardée, ni restriction. Ces décisions se prennent avec un médecin, une sage-femme, une consultante en lactation ou une puéricultrice qui a vu votre bébé, examiné sa succion et pris en compte son contexte. Un site web, y compris celui-ci, n'a pas ces informations. Si l'alimentation vous préoccupe, c'est un excellent motif de consultation, mais pas une décision à prendre seul.

Et si le percentile inscrit dans le carnet de santé vous laisse perplexe, vous trouverez de quoi vous orienter dans notre article qui explique ce que signifie vraiment un percentile de croissance.

Suivez la tendance, pas le chiffre du jour

BabyMind enregistre le poids, la taille et le périmètre crânien de votre bébé au fil des semaines et vous montre l'évolution. De quoi arriver en consultation avec un historique clair plutôt qu'un souvenir approximatif. L'application ne remplace ni la pesée en cabinet ni l'avis de votre médecin.

Télécharger BabyMind

Quand un poids mérite vraiment un avis médical

La très grande majorité des bébés dont les parents s'inquiètent du poids vont bien. Mais certaines situations ne se règlent pas avec un tableau et méritent un appel ou une consultation.

  • Aucune couche mouillée, ou nettement moins de couches mouillées que d'habitude.
  • Poids de naissance toujours pas retrouvé vers 2 à 3 semaines.
  • Perte de poids après les deux premières semaines.
  • Courbe qui traverse vers le bas deux couloirs ou plus, c'est-à-dire deux lignes de percentiles majeures.
  • Bébé inhabituellement somnolent, difficile à réveiller ou mou dans les bras.
  • Tétées ou biberons qui se passent mal : bébé qui s'endort d'emblée, qui refuse ou qui tète très peu.
  • Vomissements répétés, diarrhée, ou fièvre chez un nourrisson de moins de 3 mois.
  • Vous sentez simplement que quelque chose ne va pas. Ce motif est suffisant, et les soignants le prennent au sérieux.

Qui appeler : votre médecin traitant ou votre pédiatre en premier lieu. En France, la PMI de votre secteur pèse et conseille gratuitement, souvent sans rendez-vous. En Belgique, les consultations de l'ONE jouent le même rôle. En Suisse, la sage-femme, le pédiatre ou le service de conseil aux parents de votre canton. Au Québec, l'infirmière de votre CLSC, ou Info-Santé au 811 pour un avis rapide. Si votre bébé est mou, difficile à réveiller ou ne s'alimente plus du tout, n'attendez pas : c'est le jour même.

Une dernière chose, et elle compte. Aucune page web ne peut vous dire que votre bébé va bien ou ne va pas bien. Un tableau donne un contexte, il ne pose pas de diagnostic. Seul un professionnel qui a votre enfant devant lui, avec son histoire, sa taille, son périmètre crânien, son tonus et son alimentation, peut répondre à cette question. Et si un chiffre vous empêche de dormir, ce n'est pas un tableau qu'il vous faut, c'est un rendez-vous.

Questions fréquentes

Mon bébé est sur une courbe basse, est-ce grave ?

Pas en soi. Une courbe basse n'est pas une mauvaise note : par construction, une petite partie des bébés en parfaite santé se situe sous le 3e percentile, souvent parce que les parents sont eux-mêmes de petit gabarit. Ce que les soignants regardent, c'est la régularité : un bébé qui suit tranquillement son couloir, même bas, est rassurant. C'est une courbe qui décroche vers le bas sur plusieurs mois qui justifie un avis médical, pas un percentile bas et stable.

Combien de poids un bébé doit-il prendre par semaine ?

En moyenne 150 à 200 g par semaine de 0 à 3 mois, 100 à 150 g de 3 à 6 mois, puis 70 à 90 g de 6 à 12 mois, avec un ralentissement net la deuxième année, de l'ordre de 2 à 3 kg sur l'année. Ce sont des moyennes : la croissance se fait par à-coups, et une semaine calme suivie d'une semaine forte est banale chez un bébé qui tète bien et mouille ses couches.

À quel âge un bébé double-t-il son poids de naissance ?

Le plus souvent vers 5 mois environ pour le doublement, et vers 1 an pour le triplement. Ces repères sont des moyennes larges. Un bébé né avec un petit poids double généralement plus tôt, un bébé né gros plus tard, et les deux situations peuvent être parfaitement normales. Si votre bébé s'écarte nettement de ces repères, parlez-en à votre médecin plutôt que d'en tirer une conclusion vous-même.

Faut-il peser son bébé toutes les semaines à la maison ?

Une pesée hebdomadaire suffit largement dans les premières semaines, et souvent moins ensuite, sauf indication contraire d'un professionnel. Peser tous les jours n'apporte aucune information fiable et nourrit surtout l'anxiété : les variations quotidiennes liées aux repas, aux selles et à la couche dépassent la prise de poids réelle du jour. Pesez toujours dans les mêmes conditions et regardez la tendance sur plusieurs semaines.

Pourquoi mon bébé allaité prend-il moins que celui de ma sœur nourri au biberon ?

Parce que les deux ne suivent pas exactement la même trajectoire. Après les premiers mois, les bébés allaités prennent en général un peu moins vite que les bébés au lait infantile, et leur courbe s'infléchit doucement vers 3 à 6 mois. C'est le schéma normal de croissance d'un bébé allaité, pas un problème à corriger. Surtout, ne rajoutez pas de biberon pour faire bouger un chiffre : si la question vous travaille, parlez-en d'abord à un médecin, une sage-femme ou une consultante en lactation.

Les courbes du carnet de santé sont-elles les mêmes que celles de l'OMS ?

Pas toujours. En France, le carnet de santé refondu en 2018 utilise des courbes françaises graduées en déviations standard plutôt qu'en percentiles. En Belgique francophone, en Suisse et au Québec, les courbes employées en consultation dérivent le plus souvent des standards de l'OMS. Les écarts restent modestes mais peuvent déplacer un percentile de quelques points, ce qui est une raison supplémentaire de suivre la tendance de votre enfant plutôt qu'un chiffre isolé.